JCB - PARENTS - FRERE - SOEUR. ( 2 )
Dans la catégorie: "Rétros: JCB - Famille" voici la deuxième partie intitulée:
"EN FAMILLE DE 1947 A 1961" (2)
En 1947, papa et maman ont respectivement 44 et 38 ans. Paulette, 17 ans, vient de rentrer à l'Ecole Normale de la Gironde. Jean-Claude, 7 ans, est un bon élève de la classe du CE1, à l'Ecole Gambetta de Mestras. Nous habitons toujours, à l'arrière de la grande "Maison Grise", au fond d'une petite impasse, au début de la rue de la Poste (Aujourd'hui, Rue Jules Barat)
La famille réunie en juillet 1 947 à BIARRITZ. Au centre, papa et Jean-Claude. Sur les côtés: Paulette Jean-Claude, maman et au second plan: la grand-mère Jeanne Laborde et la tante Madeleine.
Cette année-là, La situation est plutôt favorable pour la petite famille et c'est donc le moment que choisit notre père pour imaginer un nouveau et fantastique projet. A cette époque, à Gujan comme ailleurs, l'accession à la propriété est le privilège des notables et de quelques commerçants ou riches ostréiculteurs. Sans un sou vaillant, conseillé par quelques amis, papa imagine d'acheter un viager. C'est une formule qui se développe et consiste, pour une petite somme, à habiter une maison pour s'occuper d'une personne âgée, souvent seule. A la mort de cette dernière, le locataire devient propriétaire du bien. Je me souviens très bien de plusieurs visites faites dans d'anciennes demeures, souvent délabrées à l'aspect peu engageant. Maman est contre cette option, elle pense que nous ne serons peut-être jamais chez nous, ou bien, dans le cas contraire, il faudra faire de gros travaux. Alors, Albert change d'avis: "Puisque c'est comme ça, nous allons acheter un terrain...et après...on verra..." De fait, à la limite de la forêt, de petits lopins de terre sont en vente. "Beaucoup trop cher pour nos maigres économies" dit ma mère". Peu importe, papa mène les opérations bon train et, dès 1948, nous voici propriétaire d'une petite parcelle de 525 m² au N° 34 du Cours de la Marne.
Propriétaire? Vous vous rendez compte? On pourra faire ce qu'on veut, quand on veut. Etre chez nous. Désormais, le terrain devient le centre de toutes les activités. En quelques mois, la parcelle est défrichée, une clôture avec des piquets en accacias et du fil de fer barbelé est en place. Au printemps, les légumes poussent, les arbres fruitiers sont plantés, la basse cour est prête. En même temps, Albert déniche un garage en bois de 30 m² au Pyla, le propriétaire veut le détruire et finalement nous le donne. En quelques semaines, démontage, transport et remontage...c'est fait. Du matériel et les outils pourront être rangés, du bois sera mis à l'abri, pour l'hiver, le chien (Le fameux Voltaire aura sa niche) et surtout, surtout, la rutilante 401 peugeot va enfin avoir un garage.
A quelques temps de là, un dimanche matin avec maman et Paulette, dans notre nouvelle propriété, une discussion va nous éclairer sur les véritables intentions de papa. Nous sommes alors au milieu de l'enclos. A droite: le garage, sur le côté, tout le long, un grand jardin, puis dans le fond les fruitiers, non loin de là, le poulailler...Et maman qui pose enfin la bonne question..."Et ici, Albert, au milieu, c'est pour quoi faire?" Alors la réponse fuse comme une évidence profondément réfléchie, calculée et bien établie: "C'est pour notre maison!!! Bien sûr!!!"
(Il faut rappeler, ici, qu'à l'époque, une petite maison, toute simple de soixante m², coûte un million d' anciens francs, soit 10 000 nouveaux francs, soit aujourd'hui: 1 500 euros)
Le sang de maman ne fait qu'un tour et elle lui lance, aussitôt: "Mon pauvre homme, tu vas prendre l'argent où ?" La réponse évasive de mon père: " On verra bien...J'ai mon idée!!! " nous laissa sceptiques, mais nous avions tous bien compris, ce jour-là, qu'un nouveau "challenge" venait de naître.
Le plan de papa repose sur plusieurs certitudes et quelques hypothèses. Il sait pouvoir compter sur son frère Elie, qui est au courant. Ce dernier exploite une grosse épicerie, au 39 de la Rue François de Sourdis à Bordeaux et les affaires sont excellentes. Elie garde la maison, les propriétés et vignobles de Soussans et, en échange, donne une importante somme d'argent à Albert. En même temps, mon père négocie avec son copain, Armand Castaing, ostréiculteur, qui lui prête une petite concession pour faire pousser quelques huîtres...Pour Noël, les huîtres sont pêchées, triées et vendues. Je me rappelle très bien, être allé travailler, avec lui, le jeudi, sur des vases, près de "Bourrut". Mon père prenant, pour une fois, le temps de m'expliquer: "tout le monde, dans la famille doit m'aider! Maman de son côté va redoubler d'efforts pour la couture et doit économiser toujours plus"...Et puis, une bonne nouvelle! l'Etat, avec l'aide du Crédit Foncier de France, instaure les fameuses primes à la construction. Enfin, une dernière grande nouvelle: fin 1949, maman est enceinte. Papa est le plus heureux des hommes: un troisième enfant !!! au moment où Paulette pense au mariage et s'apprête à quitter la famille. Voilà une nouvelle motivation...
Pour le baptème de Bernard, toute la famille est réunie, Papa et Maman qui tient Bernard, puis Paulette et Jean-Claude. (Même notre chien Voltaire est là...)
Les années 1950 et 1951 vont être riches en évènements majeurs. Le 12 mars 1950, la sage femme Lucie est à notre domicile pour accoucher Marie qui donne naissance à un superbe poupon de près de sept livres. Bernard nous rejoint. Papa et maman sont aux anges, vingt ans après Paulette, dix ans après Jean-Claude, Bernard entraîne un élan de force, de vitalité et de jeunesse pour toute la famille. Paulette de son côté annonce son mariage avec Pierre Sensey, en juillet 1951. Le mariage a lieu à à Gujan et le repas de noce, au coeur de la forêt usagère à Cazaux, dans la cabane du "Cap de Mount". C'est ici que les parents de Pierre vivent, travaillent et exploitent les produits de la forêt et notamment la résine. Paulette et Pierre, habiteront quelques temps avec nous, puis déménageront pour Cazaux, où Paulette, vient d'obtenir sa première nomination d'institutrice, à la rentrée scolaire de 1951.
Le 23 Juillet 1951, Paulette épouse Pierre Sensey.
En même temps, pour la construction de la maison, papa n'a pas perdu de temps. Au 34 Cours de la Marne, les travaux sont largement avancés. Papa dit: "Pour Noël nous serons chez nous" et en fait c'est le 20 décembre 1951 que nous aménageons définitivement dans notre petite villa, où il reste, bien sûr, beaucoup à faire. Son nom, illustre bien l'impatience de papa...la maison prenant, le nom pompeux, de Villa: "Quand Même".
Maman avec Bernard (10 mois)
La période qui suit ne sera pas toute rose. Certes, Bernard est un bébé facile à élever qui ne pose aucun problème. Maman s'occupe de lui constamment. Pour papa, la situation est compliquée. Son travail est très dur. Le brigadier chef des douanes est de plus en plus sollicité. Il faut assurer les écritures et les doléances, au bureau, tous les matins. Le soir, ce sont de longues rondes de nuit à bicyclette jusqu'à Audenge parfois. Les trafics d'essence et de cigarettes américaines se multiplient. Et puis aussi, il faut rembourser l'emprunt, pendant quinze ans. Le travail sur le parc à huîtres continue. A la maison, il faut assumer les finitions des peintures et autres. Au jardin, les cultures prennent du temps, mais assurent une partie de la nourriture. Chacun se rend bien compte que papa est fatigué...
Jean-Claude avec Bernard en Janvier 1951.
A cette époque, nos grands parents paternels n'habitent plus leur maison de Soussans, la grand mère Elise souffre de neurasthénie chronique et ne s'occupe plus de rien. Le couple vit alors chez les enfants: six mois à Bordeaux et six mois à Gujan. En 1954, le décès du grand père maternel: Albert Laborde, entraîne l'arrivée à Gujan de son épouse Jeanne et de sa fille Madeleine. Mon père a calculé qu'en réduisant le jardin, il est possible de bâtir un petit chalet en bois. Fini donc, les mémorables et joyeuses vacances à Biarritz. D'ailleurs, il n'y aura plus jamais de vacances, avec toute la famille réunie. C'est cette période que choisit Jean-Claude pour négliger complètement son travail scolaire. Je préfère aller au parc, à la pêche, à la chasse, ramasser des champignons ou tendre des pièges pour attraper les oiseaux, dès le lever du jour, dans le froid. Mon père entre en conflit avec moi: "Tu seras instituteur, comme ta soeur !!!" Résultat:Je suis souvent puni et traverse quelques années de galère. "Je t'interdis de jouer au rugby tant que tes résultats scolaires ne sont pas bons". Mais, la rigueur de papa est vite récompensée, pour mon plus grand bien. En 1956, en classe de troisième spéciale, mon travail s'améliore, je peux débuter le rugby avec le collège, à La Teste. En fin d'année scolaire, je suis reçu à tous les concours que je présente: EDF, SNCF et Ecole Normale. Une fois encore mon père a eu raison: je serai donc instituteur.
Les grands parents maternels, Albert et Jeanne Laborde en 1952.
1956, c'est aussi, l'année de la neige, en février et pendant un mois, un mètre en moyenne, partout en Gironde et aussi à Gujan...Quels souvenirs. Paulette, après quatre années passées à l'école du Lanot à Salles vient d'être nommée à Gujan. Pendant cette période, elle donne naissance à deux filles: Brigitte en 1954 et Monique, qui sera ma filleule, en 1958. Bernard débute la classe du cours préparatoire à l'école Pasteur de Gujan. Tout semble favorable pour les trois enfants, mais... mais, papa est de plus en plus souvent fatigué et souffre de douloureuses crises de foie. En fait, désormais, son état va se dégrader au fil du temps...
Février 1956 - La neige.
Villa"Quand-Même" - Paulette avec Brigitte qui a deux ans.
Jean-Claude, maman et Bernard.
En Juin 1958, Jean-Claude, parrain de Monique, avec la marraine Elina Broustaut.
Les années 1957-1961 vont passer vite, trop vite. Pour ma part, mes activités se partagent entre l'Ecole Normale(Pendant cinq ans) et le rugby (Qui devient une véritable passion)
LeLLLLLLLLLLLL
Mes premières équipes de rugby - A gauche, avec les juniors B de l'UAGM en 1957. A droite, avec l'équipe de l'école Normale en 1959.
A la maison, rien ne va plus. Albert est de plus en plus souvent, malade et fatigué, ses forces déclinent au fil des mois...Le docteur ne comprend pas...Les spécialistes non plus...Les divers traitements ne font aucun effet...Une fois encore, maman est inquiète...L'heure de la retraite n'est pas loin, pour papa, qui a cependant et encore la force de lancer sa dernière grande idée. Dans un sursaut de volonté, il négocie un portefeuille d'assurances avec la compagnie "La Prévoyance" à Bordeaux. En 1961, l'année de sa retraite, il fait construire un petit bureau, attenant à la maison, pour recevoir les clients et il prend à bras le corps son nouveau travail d'assureur. Connaissant bien Gujan et les gujanais, en quelques mois, les bonnes affaires se multiplient et il constitue une importante clientèle.
FIN DE LA DEUXIEME PARTIE.
A SUIVRE...
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Photo rétro 1937 - Scène de vendanges à Soussans - Sur la charrette, Paulette devant papa (avec le béret). Sur l'escabeau: maman, au centre avec ses beaux parents, Léonce Boutain à sa droite et Elise à sa gauche.
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Dans la catégorie: " RETRO - JCB - FAMILLE"...Ici, s'achève, la deuxième partie : "JCB - PARENTS - FRERE - SOEUR" (1947/1961). Une troisième partie évoquera les années 1961 - 2000. J'avais prévu un épisode, en fait il y en aura trois et peut-être quatre...
Les écritures, les photos, les mises en forme diverses de l'épisode ont été achevées le 11/02/2009. La mise en ligne finale sur le blog a eu lieu avec un post rétro du Vendredi 12/09/2008.
JCB
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